Rapports de Benserade avec les autres écrivains de son époque

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Les rapports qu'a eus Benserade avec ses contemporains ont parfois été difficiles, mais ce qui est original, c'est que souvent, leurs commentaires étaient rédigés en vers, comme on peut par exemple le lire sur cet article de Mme Lila Maurice-Amour qui est paru dans les  Cahiers de l'Association internationale des études francaises, 1957, n°9.

    

Rapports avec Madame de Sévigné

Benserade est pour Mme de Sévigné  l'auteur des Ballets dans lesquels sa fille avait dansé à la Cour.

 

Lettres de Madame de Sévigné recueillies et annotées par M. Monmerqué

Dans la notice biographique sur Madame de Sévigné de ce document,
on peut voir que les rapports entre Benserade et les Sévigné mère et fille étaient au beau fixe

et dans le livre Lettres Choisies de Madame de Sévigné 1648-1696 édité en 1923
on peut trouver cette lettre.

 

Rapports avec Jacqueline Pascal (soeur de Blaise Pascal)

A l'époque où il était encore étudiant à Paris, Benserade a bien connu Jacqueline Pascal (1625-1661), la soeur de Blaise Pascal. On peut supposer même qu'il s'est bien entendu avec elle car tous deux avaient plusieurs points communs. D'abord, Jacqueline Pascal a été une enfant très douée qui, très jeune, pouvait improviser des vers  comme on peut le lire dans le tome 5 de la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes qui porte sur l'année 1843-1844 :

Ensuite, on peut dire que Benserade et Jacqueline ont eu un jour des attitudes similaires en présence d'un cardinal : en février 1639, Richelieu ayant voulu assister à une comédie réalisée par des enfants, la Duchesse d'Auguillon proposa les deux filles de madame Saintot et Jacqueline Pascal d'écrire un scénario qu'elles jouèrent sur scène, et après le spectacle, Jacqueline est allée directement voir le cardinal pour lui lire un compliment que l'on pourra voir ci-dessous, extrait du livre de Stephen Valot Regardons vivre Blaise Pascal , et dans lequel elle lui demandait de pardonner à son père, Etienne Pascal, lequel était en fuite depuis quelques temps après avoir pris part à une sédition.

Richelieu, ému, lui a alors répondu que son père pouvait venir le voir, ce qu'il fit et fin 1639, Etienne Pascal obtenait un poste en Normandie !

On peut rapprocher cette histoire à ce qui est arrivée à Benserade quelques années plus tôt avec le cardinal Mazarin : Benserade avait déjà ses entrées à la cour lorsqu'il apprit d'un ami que le cardinal un jour avait raconté que lorsqu'il était à Rome il appréciait la poésie et qu'il écrivait des vers et que là-bas, "il était dans la cour du pape comme Benserade dans la cour de France". Apprenant cela, Benserade se rendit de suite chez le cardinal, força la porte alors que Mazarin venait de se coucher, présenta ses excuse et le remercia de s'être comparé à lui. Cet empressement plut beaucoup au cardinal qui l'assura de sa protection ; et une semaine plus tard il lui envoya une pension qui sera suivie de plusieurs autres pensions !

Et un jour, Jacqueline Pascal envoya à Benserade une poésie de 6 strophes à laquelle  il répondit par une autre poésie qui en comportait 14 comme on va le voir ci-après :

Stances de Mademoiselle Pascal, "Pour une Dame de ses amies, sous le nom d’Amarante, amoureuse de Thyrsis",
vers qui avaient été envoyés par Jacqueline à Benserade en 1638 (elle avait 13 ans), première strophe, on pourra voir la totalité des 6 strophes en cliquant ici.

  Imprudente Divinité,
Injuste et fâcheuse chimère,
Dont le pouvoir imaginaire
Tourmente une jeune beauté.
Amour, que ton trait est nuisible,
Et que tu parois insensible
À tant de plaintes et de vœux !
Alors qu’Amarante soupire,
Thyrsis est exempt de tes feux
Et ne connoît point ton empire.

Réponse de Benserade aux vers qu'il avait reçus de Jacqueline Pascal (3 premières strophes). on pourra voir la totalité des 14 strophes de sa réponse en cliquant ici.

  Que ce trait d’un esprit adroit comme le vôtre
Est délicat et doux,
Et que vous feignez bien de parler pour un autre,
Quand vous parlez pour vous !

Que vos vers sont ardens, que leur pompe est brillante,
Et qu’ils sont radoucis !
Il n’en faut point douter, vous êtes l’Amarante,
Et je suis le Thyrsis.

Ils sont de vous à moy, ces vers que chacun louë,
Et ne le niez plus ;
Pensez à la rougeur qui vous a peint la jouë
Dès que je les ay lus.

 

Rapports avec Furetières

Les rapports avec Furetière étaient moins bons
comme on pouvait le lire dans le tome V des Mémoires de l'Académie de Dijon
(il faut dire que Furetière avait été exclu de l'académie pour avoir édité son propre dictionnaire)

On pourra voir dans cette lettre de Madame de Sévigné à son cousin Bussy-Rabutin
que les rapports entre Benserade et Furetière n'étaient pas au beau fixe, loin de là !

Dans les Oeuvres de Boileau publiées en 1757 par M. de Saint-Marc, une note revient sur ce que Furetière avait écrit sur Benserade



Lors du colloque du Centre International de Rencontres sur le XVII° siècle de Tunis les 14-16 mars 2002,
 Mariette Cuenin-Lieber rappelait le portrait de Benserade fait par Furetière peu de temps après avoir été exclu de l'académie française,
 portrait peu flatteur
On peut être surpris de découvrir le titre de la communication mentionnée ci-dessous, mais on peut rappeler que :
dans le Ballet de Psyché, créé en 1656, plusieurs esclaves maures, cadeau de Marc-Antoine à Cléopâtre dansent,
dans le Ballet d'Alcidiane, créé le 14 février 1658, d'autres esclaves maures accompagnent à la guitare la princesse de Mauritanie
dans le Ballet de l'Impatience, créé le  19 janvier 1661, ce sont quatre marchands maures qui sont impatients de voir arriver leurs vaisseaux !

Rapports avec Molière

On pourra tout savoir sur les rapports qui ont existé entre Benserade et Molière sur la page qui leur est consacrée

Rapports avec Racine

Extrait du document Louis Racine : Mémoires sur la vie et les ouvrages de Jean Racine

Dans son livre Les ennemis de Racine, de 1879, F.Deltour montre que les rapports entre les intellectuels du XVII° siècle étaient parfois difficiles !

Rapports avec Mazarin    

Dans son livre "Extravagants et originaux du XVII° siècle", Paul de Musset nous apprend qu'un peu après la querelle des sonnets,
en 1649, Mazarin qui avait préféré le poème sur Job au poème de Vincent Voiture, semblait apprécier Benserade : le cardinal lui avait demandé de traduire des poèmes
qu'il avait écrits jadis en langue italienne, et c'est ce que notre poète a fait : il recevra même une pension !

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